En 1956, l'artiste néerlandais Constant a entrepris de conceptualiser un nouveau type d'environnement urbain. Sa Nouvelle-Babylone est sa version de la ville planétaire de l'avenir, un lieu habité par les nomades futurs, qui, dégagés des limites matérielles et conceptuelles du travail, seraient libres de créer dans leur pratique de la vie contemporaine. La ville ferait écho à cette mobilité, sa structure mouvante s'adaptant à ses habitants. Cet état de changement perpétuel se manifestait d'ailleurs dans les interprétations délibérément inconstantes de la Nouvelle-Babylone. La Nouvelle-Babylone serait une ville en constante fluctuation. Elle existerait partout et nulle part à la fois et ne se trouverait ni dans le passé ni dans l'avenir.

L'architecture mobile est l'une des formes les plus anciennes de l'environnement bâti. Les Indiens des plaines, par exemple, avaient reconnu la potentialité de ce détachement : la plus grande particularité de leurs maisons était leur impermanence. Cette impermanence leur permettait de s'adapter aisément au changement social et environnemental. Cette mobilité géographique apparaît encore comme une source de liberté. Les autos-caravanes et les caravanes classiques, commercialisées pour la première fois dans les années 20, font toujours office d'architecture de l'évasion.